Dossier Toussaint

Les drones au service
des cimetières

Adieu les vieux fichiers, finies les allées et venues dans les cimetières. Aujourd’hui, une bonne gestion de ceux-ci passe par la numérisation des sépultures à l’aide de drones et de logiciels de traitement d’images. Suivez le guide !

Comment retrouver la sépulture d’un parent ? Comment savoir quelles tombes sont en état d’abandon ou quand se terminent les concessions ? Dans quelle allée, dans quel cimetière y a-t-il encore de la place ?... A l’heure du numérique, les méthodes traditionnelles, qui consistent à farfouiller dans de multiples fichiers et à envoyer le fossoyeur faire des relevés aux quatre coins du cimetière, sont largement dépassées. Un outil autrement plus rapide et efficace a pris son envol dans les communes : le drone. Il suffit de le doter d’une caméra, de lui faire survoler les cimetières de l’entité, puis de traiter les images récoltées à l’aide d’un logiciel de photogrammétrie qui va créer une mosaïque d’images et les gestionnaires disposeront immédiatement de toutes les informations leur permettant de créer le cadastre de chaque cimetière. Partant de là, la gestion efficace de ceux-ci ne sera plus qu’un jeu d’enfant puisqu’elle s’effectuera en quelques clics.

Un service provincial

D’où est venue cette initiative ? Si certaines communes pionnières ont montré le chemin en se débrouillant seules, comme la commune de Gerpinnes, dans le Hainaut, dont le travail de cartographie à l’aide d’un drone a été récompensé en mars dernier par un Agoria Smart City Award, les services publics ont rapidement pris le relais. Ainsi, cet outil est aujourd’hui proposé par les provinces de Luxembourg, de Liège et de Namur. Dans le cadre de leur action de soutien aux communes, celles-ci se sont associées avec l’Association des Provinces Wallonnes afin de créer le Groupement d’Informations Géographiques. L’objectif de cette asbl est de proposer aux collectivités publiques locales adhérentes des outils cartographiques performants pour répondre à leurs besoins, dans des domaines tels que l’aménagement du territoire et de l’environnement, la gestion des sépultures et des voiries.

Dans le cadre de cette coopération, où chaque province travaille sur un projet particulier, celle de Namur a développé une application de gestion des cimetières. La solution permet aux communes d’encoder les informations relatives aux concessions et aux défunts dans le respect des exigences du décret wallon sur les funérailles et les sépultures. L’outil permet également de lier les données encodées à une cartographie dynamique des cimetières. Et pour créer des plans actualisés de ceux-ci, les partenaires se sont entendus sur l’utilisation de drones et la production d’images aériennes. Sachant que pour un petit cimetière de 3.500m2 environ, il faut prendre entre 150 et 200 photos afin d’avoir une vision globale du site.


Une autorisation de vol obligatoire

« La Province de Liège a fait le pas afin de rester à la pointe d’une technologie en constante évolution, nous explique-t-on du côté de la Cellule Opérations de Soutien aux Communes du Service technique provincial. La mise en place du projet a débuté par l’acquisition du matériel (drone et caméra) et par la formation de pilotes. L’autorisation de vol pour évoluer en classe 1A (risques élevés) est parvenue à notre administration ce 4 juillet. Depuis l’été, nous sommes donc en mesure d’accompagner les entités qui le souhaitent en réalisant le cadastre de leurs cimetières depuis les prises de vues aériennes jusqu’au traitement des images collectées. Plusieurs communes, dont Thimister-Clermont et Aywaille, ont déjà conclu avec notre province une "convention cimetière" portant sur ce projet cartographique. Notre collaboration avec elles vient de commencer par les prises de vues. »

« Nous avons opté pour une gestion dynamique, confirme Gaëlle Fischer, la directrice de la commune de Thimister-Clermont, où ce service proposé par la Province a été estimé à 943 euros. La mise en application de ce contrat exige de la commune un investissement initial de temps énorme puisqu’il a fallu transposer dans la nouvelle base de données toutes les informations relatives aux concessions qui figuraient dans nos fichiers Excel. Mais, aujourd’hui, les prises de vues sont terminées et la Province est en mesure de réaliser notre nouvelle cartographie. Quand nous en disposerons, il nous suffira de maintenir celle-ci à jour de façon à pouvoir gérer en toute autonomie nos cimetières. »


Un outil performant pour une gestion autonome

Ce nouveau portail va surtout permettre à l’administration communale de répondre en quelques clics aux sollicitations des citoyens. L’opérateur pourra ainsi identifier le propriétaire d’une concession, connaître le nom des défunts inhumés, le type et l’état de la sépulture ainsi que les échéances.

« Lorsqu’une concession arrivera à terme, un publipostage pourra être adressé aux concessionnaires concernés pour procéder à un éventuel renouvellement, explique un agent provincial. En cas d’abrogation, la ou les sépultures seront déclassées dans un ossuaire et toutes ces informations seront automatiquement consignées dans la base de données ».

Bref, le gestionnaire du cimetière disposera d’outils d’édition pour créer, supprimer et ajuster le contenu de la base de données afin d’y encoder toutes les informations requises. Il pourra aisément identifier des concessions vides et y joindre les coordonnées d’un nouveau concessionnaire lorsqu’une demande sera introduite à l’administration communale. L’outil permettra même de combiner plusieurs critères de recherches sur une sépulture, dans plusieurs cimetières simultanément, sur base d’une date de décès ou du nom d’un défunt. Il sera même possible de visualiser l’ensemble des changements survenus sur un emplacement depuis sa création !

Marche-en-Famenne, la référence

Il va sans dire que les habitants seront les autres grands bénéficiaires de ce système. Ainsi, dans la Province de Luxembourg, la commune de Marche-en Famenne – une référence en matière de gestion informatisée des cimetières, suite à un formidable travail de recensement, a créé une page sur son site internet afin de permettre aux habitants de trouver des sépultures précises. Sur base du patronyme de la personne recherchée, l’utilisateur trouvera immédiatement en plus des dates de naissance et de décès – le numéro de la parcelle, l’allée, le nom et l’adresse du cimetière où le défunt a été inhumé.

Quand les plans des cimetières seront intégrés aux applications pour GPS, il ne restera plus qu’à se faire piloter dans les allées par son smartphone, un bouquet de fleurs dans l’autre main.