Dossier Toussaint

L’aquamation
ou la crémation par l’eau


A ce jour, la Belgique n’autorise que deux façons de traiter les corps des défunts : l’inhumation et l’incinération. Or, ces deux procédés font de moins en moins l’unanimité en raison de leur caractère polluant. En effet, l’inhumation permet aux substances toxiques contenues dans l’organisme, comme la cadavérine, la putrescine ou encore les résidus de médicaments, de s’infiltrer dans le sol et, donc, la nappe phréatique. Tandis que l’incinération, outre qu’elle génère une consommation d’énergie notable, participe aux rejets toxiques dans l’atmosphère et les égouts.


C’est ainsi que, depuis quelques années, d’autres procédés funéraires plus écologiques ont vu le jour. Parmi eux, l’humusation, processus contrôlé où les dépouilles mortelles sont déposées dans un compost végétal et lentement transformées en humus sous l’action des micro-organismes ; la promession, qui consiste à plonger le corps d’une personne morte dans de l’azote liquide à -196 °C de façon à le rendre friable et à pouvoir provoquer par vibration sa destruction en particules fines ; et l’aquamation, procédé par lequel on ne refroidit pas le corps mais on le chauffe à 93° dans un bassin d’eau (en forme de cylindre) contenant de fortes doses de carbonates et d’hydroxydes qui accélèrent le processus de décomposition.

Si ces procédés funéraires sont déjà autorisés dans certains pays, en Belgique, ils nécessitent une adaptation de la loi sur les funérailles et les sépultures. Le projet d’ordonnance adopté en juillet dernier par le gouvernement bruxellois à l’heure où vous lirez ces lignes l’arrêté d’exécution aura peut-être été adopté également va dans ce sens puisqu’il vise à autoriser l’humusation et l’aquamation, ainsi que l’inhumation des dépouilles mortelles dans des linceuls ou cercueils en carton (ce qui est déjà autorisé en Flandre).

La « solution » de demain ?

Si le processus d’humusation commence à faire des émules ses défenseurs ont créé la Fondation Métamorphose et plusieurs communes en Wallonie ont émis des avis favorables et même déjà proposé des emplacements possibles afin de permettre cette pratique, l’aquamation, qui recourt au procédé physico-chimique d’hydrolyse alcaline en phase aqueuse, est une technique très peu connue qui nécessite encore précisions et commentaires.

Grâce aux carbonates et hydroxydes, les chairs ne mettent que quelques heures (entre 3 et 6 selon les conditions d’hydrolyse) à se décomposer dans l’eau. Il ne reste alors plus que les os qui seront broyés et rendus aux familles. Quant aux métaux des éventuelles prothèses (titane, plomb…), ils peuvent être facilement récupérés.

Comparé à la crémation, cette technique utiliserait dix fois moins d’énergie. Autres avantages : elle ne rejette dans l’atmosphère ni particules fines, ni gaz à effet de serre, ni fluides contaminant le sol puisque l’eau ayant servi à la décomposition du corps est utilisée comme engrais pour fertiliser les cultures.

D’un point de vue éthique, l’aquamation, qui s’apparente avec certaines pratiques ancestrales comme l’inhumation en eaux marines pratiquée dans la culture scandinave par les Vikings (aux VIIe et VIIIe siècles), est compatible avec les religions bouddhistes et chrétiennes, mais pas islamique.

Précisons encore que l’aquamation a été brevetée en 1888 aux Etats-Unis, où elle s’est initialement développée dans le but d’éliminer les restes des animaux d’abattoirs. D’abord parce que ce procédé est moins coûteux, mais surtout parce qu’en détruisant très efficacement les virus et prions (agents infectieux) il permet d’éviter la dissémination des maladies. Considérée plus sûre d’un point de vue sanitaire que la crémation, elle est également utilisée, depuis 1992, pour combattre les maladies de la vache folle et la gale.

Son usage à but funéraire pour l’homme et pour les animaux de compagnie est aujourd’hui autorisé dans plusieurs états de l’Amérique du Nord, ainsi qu’en Australie et dans certains pays d’Europe comme l’Angleterre et les Pays-Bas.

(Source : wikipedia).

" Comparé à la crémation,
cette technique utiliserait dix fois moins d’énergie ".