Pas de repos dans
les maisons de repos

Vous pensiez que les seniors en maison de repos ne faisaient que traîner dans leur chambre ?

Pas du tout ! Tous les jours, le service animation s’active pour leur offrir un meilleur confort de vie.

Par Maude Destray

« Les animations maintiennentles capacités et évitent le repli sur soi. »

Non, les résidents des maisons de repos ne sont pas inactifs. L’animation est partie prenante de leur quotidien. Pourtant, quand on pense à l’animation dans les maisons de repos, on a tendance à imaginer les clowns devant des résidents peu réceptifs ou les parties de bingo interminables. Mais l’animation dans les maisons de repos consiste en bien d’autres choses et recouvre de nombreux domaines. Surtout, elle répond à de nombreux besoins.

Estelle Damanet est responsable paramédicale au Clair Séjour à Salzinnes. Pour elle, ces animations sont essentielles pour les résidents.

« Nous proposons un large panel d’activités qui touchent à de nombreux domaines. Cette diversité est très importante pour toucher le plus de monde possible. Les animations sont parfois un prétexte pour se retrouver en collectivité. Elles maintiennent les capacités et surtout évitent le repli sur soi. On essaie un maximum de répondre à leurs attentes dans ce qu’on propose pour qu’il y ait une motivation. » Pour capter l’attention de ces seniors parfois récalcitrants, au Clair Séjour, l’équipe du service animation se renseigne au préalable sur les résidents. « Si Madame Machin aime la cuisine, on lui proposera naturellement de participer aux ateliers culinaires. »

Dans cette équipe, une animatrice, une ergothérapeute, deux kinés et une logopède. Chacun exerçant ses fonctions notamment par le biais des animations.

L’objectif des animations en maison de repos est double : offrir une occupation aux résidents et stimuler leurs capacités.

Des activités à l’intérieuret à l’extérieur

Tous les mardis, c’est l’animation potage, sur base des recettes reçues, et à laquelle participent les résidents qui le souhaitent. Mais il y a aussi les ateliers de réminiscence. À partir d’un objet ancien, on favorise l’échange verbal, on éveille les sens. Jeux de quiz, blindtests, bricolages, les activités mêlent divertissement et développement et/ou maintien des capacités. Ainsi lorsque les résidents réalisent des bricolages, ceux-ci sont en lien avec les saisons, histoire de réguler le niveau temporel. « C’est aussi une valorisation et une reconnaissance pour eux. Pour Noël, ils réalisent des décorations qui seront exposées. On leur demande leur avis, ils se sentent investis. »

Mais ce n’est pas tout, des sorties extérieures sont aussi au programme : dîners au restaurant, cinéma, théâtre, verre à la citadelle de Namur, train touristique, les activités ne manquent pas. Des musiciens viennent aussi parfois jouer à la maison de repos. « Les temps ont changé, désormais, les résidents sont de plus en plus acteurs de leur vie en maison de repos. Et c’est à nous de nous adapter à leurs besoins. Pas l’inverse. »

Pas tous égaux face aux animations

Si l’animation dans les maisons de repos est une obligation qu’elles doivent remplir, il est indéniable que celles-ci ne sont pas toutes égales face aux ressources qu’elles sont capables d’allouer à ce service. Véronique Souvereyns est ergothérapeute, elle gère seule le service animation d’une maison de repos dans le Namurois. Et dans son cas, il est difficilement possible d’organiser des sorties à l’extérieur, souvent coûteuses. « Je travaille pour deux maisons de repos, je vois la différence. Dans la première, nous sommes une équipe de cinq personnes, dans la seconde, je suis seule. Il n’y a pas les mêmes moyens financiers, c’est tout. » Conséquence : difficile de proposer un programme personnalisé aux divers résidents. « Bien sûr, j’essaie un maximum de répondre à leurs attentes mais c’est compliqué de satisfaire toutes les demandes. On essaie de se débrouiller. J’utilise beaucoup de matériaux de récupération pour les activités, on fait venir des groupes qui jouent gratuitement. Le but, ça reste principalement de l’occupationnel pour que nos seniors restent en alerte et les plus autonomes possibles. »

M.Dy.

«Les temps ont changé, désormais,
les résidents sont de plus en plus acteurs
de leur vie en maison de repos. »