De battre mon cœur
ne doit pas s’arrêter

Le cœur cause bien des désagréments au fur et à mesure que le temps passe. Jamais anodins, ceux-ci peuvent avoir des conséquences dramatiques. Autant être un maximum informé.

Par Éric Verschueren

Virginie D’Orio est cardiologue au CHU de Liège, spécialisée en insuffisance cardiaque, transplantations et assistance ventriculaire. Ses patients sont majoritairement des seniors. « Il y a en Belgique environ 230 000 personnes qui sont en insuffisance cardiaque. Chez les personnes de 75 à 84 ans, on a un taux d’environ 7 %, contre 1 % chez les moins de 65 ans. Bref, la population des seniors est clairement à risques. La maladie peut se développer à tout âge, mais son risque augmente avec l’âge », souligne-t-elle d’entrée.

Signaux à ne pas négliger

  • L’idéal est d’être attentif aux signaux qui ne manqueront pas d’être émis par le corps en souffrance. Aux premiers rangs de ceux-ci :
  • Une fatigue inhabituelle marquée. Le cœur pompant moins, la quantité de sang atteignant les muscles diminue. Ceux-ci se fatiguent plus vite.
  • Des difficultés respiratoires pendant certains efforts.
  • Des gonflements au niveau des pieds et des jambes dus à la rétention de liquides.
  • Une fréquence cardiaque rapide, parfois irrégulière, pouvant causer des palpitations.
  • Le fait de mettre plusieurs oreillers pour dormir est un signe. Couchée, la personne en insuffisance cardiaque se sent oppressée. Elle éprouve le besoin de se redresser, pour décharger les poumons. Les gens qui dorment assis dans leur fauteuil sont souvent dans un stade avancé de la maladie.
  • Une perte d’appétit chez certaines personnes, provoquée par l’accumulation des liquides dans le foie et le système digestif.

Le sel est un ennemi

Lorsqu’une personne constate un ou plusieurs de ces signaux, elle doit de suite consulter un médecin généraliste, indique Virginie D’Orio. « C’est lui qui verra ce qu’il y a lieu de faire, notamment en prévoyant une prise en charge rapide par un cardiologue si besoin est… »

Une personne qui se verra diagnostiquée une insuffisance cardiaque devra, plus que n’importe qui sans doute, apprendre à hausser son hygiène de vie. Ainsi, il y aura lieu de diminuer en premier la consommation de sel.

« Moins de 5 grammes par jour pour les moins de 65 ans (7 grammes pour les plus de 65 ans) », insiste la cardiologue. « Le sel induit une rétention d’eau. Il faut éviter les plats préparés, souvent surchargés en sel. Petit à petit, il faudra supprimer de l’alimentation les charcuteries fumées et séchées, les biscuits apéritifs, les potages en boîte, l’eau de Vichy, les matières grasses salées… À l’opposé, choisissez les tranches de rôti, les fromages belges qui sont généralement moins salés que les Français ou les Hollandais, les jambons blancs, les œufs… »

Boire avec excès (tous liquides confondus) ne sera également pas bon. À cause des problèmes de rétention, il est conseillé de ne pas boire plus d’un litre et demi par jour. Arrêt du tabac, de l’alcool en excès, la poursuite d’une activité physique modérée… seront autant de facteurs augmentant l’hygiène de vie, souvent le meilleur des médicaments.

Muscle central de l’organisme, le cœur doit faire l’objet de toutes les attentions. C’est particulièrement vrai pour les personnes plus âgées.

Plus de renseignements sur : www.insuffisance-cardiaque.be