Rénovation

Les compteurs intelligents, obligatoires ?

Les compteurs intelligents,
obligatoires... dans les 15 ans.

Le Parlement wallon a approuvé en juillet dernier, majorité contre opposition, le déploiement des compteurs intelligents. A savoir des compteurs capables de recevoir et de transmettre des données à distance. Un véritable atout pour les Gestionnaires de Réseau de Distribution (GRD), tels ORES ou le gestionnaire liégeois RESA, qui ne devront plus se déplacer pour les ouvertures, fermetures ou autres relevés annuels. Les avantages sont nettement moins évidents au niveau du consommateur, y compris en matière de respect de la vie privée ou de santé (ondes,...).


Dans un premier temps, ce sont les consommateurs qui ont le plus grand impact sur le réseau qui seront visés. A savoir ceux qui consomment plus de 6000 kWh d'électricité par an (soit environ 15% des ménages), qui ont des panneaux photovoltaïques ou une borne de recharge pour leur véhicule électrique. Mais aussi ceux qui ont un compteur à budget, celui-ci étant d'office remplacé par un nouveau compteur. Ce qui pourrait engendrer des privations ou des coupures d'énergie à distance.


Pas besoin d'un long discours: Ecolo (suivi à ce niveau par le PS et le PTB) est opposé à ces compteurs intelligents (ou plutôt “communicants”), qui devraient rapidement se déployer dans les années à venir, en fonction des nouveaux raccordements et des changements de compteur, lors des déménagements et emménagements chez les particuliers, ceux-ci ne pouvant interdire, à partir de 2023, le remplacement que sous certaines conditions motivées. D'ici 2034, près de 80% de l'ensemble des Wallons en seront équipés, voire plus si les 20% restants ne demandent pas de dérogation pour l'une ou l'autre raison.

Economies d'énergie

Les compteurs “Linky” (à l'image de ceux placés en France), dont le coût d'installation est identique à celui d'un compteur classique, devraient cependant permettre au consommateur de réaliser des économies d'énergie. A condition que celui-ci soit bien encadré à ce niveau, car les premiers tests pratiqués ont démontré que le gain d'énergie était loin d'être assuré. Le compteur ne fournit en effet pas automatiquement des données utilisables, le consommateur devant visionner sur une interface (ordinateur, smartphone,...) son historique et sa courbe de charge pour éventuellement l'adapter sur certaines périodes. En clair, peu de gens pratiquent de la sorte, mais ce sera sans doute le cas des générations futures, plus au faîte des nouvelles technologies et davantage soucieuse des économies d'énergie -ce qui reste à prouver. L'idéal est donc de surveiller de près votre consommation d'électricité, de gaz et d'eau dès aujourd'hui, afin que Linky ne vous joue pas de mauvais tours en matière de surestimation dans quelques mois ou années.

C'est quoi, un compteur intelligent?

Dans le compteur d'énergie numérique, le compte-tours mécanique de votre compteur actuel (qui est obsolète et n'est plus produit) est remplacé par une fenêtre numérique ou électronique. Une technologie de communication y est incorporée, permettant d'envoyer et de recevoir des informations à distance. Cette technologie fonctionne par téléphonie mobile (GPRS) et n'utilise pas le Wi-Fi ou la connexion internet par câble. A noter qu'un compteur intelligent n'est pas “intelligent” en soi. En fait, il ne fait pas grand-chose d'autres que le compteur analogique, si ce n'est, envoyer à distance (au gestionnaire de réseau) les données de consommation de gaz ou d'électricité mesurées à votre domicile. Il communique la consommation réelle, et non plus des estimations en fonction des relevés annuels. Fini donc les acomptes ou les remboursements annuels, alors que vous pourrez aussi consulter facilement votre consommation (en kWh et en euros) ou votre solde impayé, tandis que la fraude énergétique, dont la détection fait partie depuis avril 2017 des missions des gestionnaires de réseau, deviendra quasiment impossible. Mêmes si les fraudeurs trouveront sans doute des astuces plus intelligentes que leur compteur.