Les papiers peints qui déchirent

Fragile, difficile à appliquer, sensible aux rayons du soleil, mais aussi rapidement démodé, le papier peint peine à franchir le palier du XXIe siècle... On en a eu assez des rouleaux achetés en trop grande quantité, des bulles, des pans qui se décollent, et de cette fichue loterie qui fait apparaître le mur entre les bandes après le séchage !

Soyez rassurés : en s’écartant du 100% papier, le papier peint a retrouvé ses lettres de noblesse. De quoi nous réconcilier avec les rouleaux et séduire de nouveau les jeunes propriétaires. Le papier peint intissé et le papier peint vinyle donnent un coup de fouet à ce revêtement qui penchait dangereusement vers le ringard.L’intissé est le numéro 1 du marché. Sur une surface de papier, une couche de fibres textiles compressées vient solidifier la structure du papier peint. À cette robustesse s’ajoute en toute logique l’épaisseur, qui permettra de masquer davantage les imperfections du mur. Indéchirable et infroissable, le papier peint intissé ne requiert pas l’extrême délicatesse de son aîné 100% papier. Sans chichis, on découle, on coupe au cutter sans trembler et on étale sur le mur. Pas besoin d’encoller le papier : on étend la colle sur le mur avant d’y plaquer directement l’intissé. Pour ne rien gâcher, ce dernier ne se rétracte pas en séchant, permettant ainsi une pose bord à bord.

Au quotidien aussi, ce papier peint est plus facile à vivre. Lessivable et imperméable, grâce au vinyle qui le couvre, l’intissé ne « boira » pas les taches et se nettoie sans difficulté ni contre-indications.Le papier peint vinyle se comporte grosso modo comme l’intissé, si ce n’est qu’il n’a pas l’aspect fibreux. Cette fois, le vinyle est directement appliqué sur le papier. Par contre, son traitement peut lui donner un aspect mat ou laqué, élargissant ainsi le champ des possibles pour votre décoration. On peut même aller plus loin en jouant sur le relief d’une couche de vinyle expansé. En dehors des considérations esthétiques, ce papier peint plus épais masque davantage les imperfections du mur.Mais si vous cherchez la championne du relief, c’est vers la paille japonaise qu’il faut se tourner. De bambou, roseau, blé ou sisal, elle est nouée ou tressée de façon artisanale sur du papier. Qui dit artisanat, dit modèle unique : impossible de trouver le même papier peint chez un ami ! Blague à part, ce matériau casse l’homogénéité qui vient souvent de pair avec les papiers peints. La paille varie (dans la même teinte, rassurez-vous) sous la lumière pour mettre en valeur le travail de l’artisan. La paille japonaise crée une ambiance exotique et naturelle, tout en douceur. Mais elle n’est pas parfaite : comme elle n’est pas lisse, elle retient la poussière et requiert un minimum d’entretien.

La tendance est à la mesure

Les motifs se démodant bien plus vite que les couleurs, on tapisse de moins en moins des pièces entières. La tendance actuelle réserve le papier peint à un seul côté de la pièce. On varie le décor, alliant la tapisserie à la peinture. Telle une fresque, le papier peint devient un ancrage de la décoration de la pièce. Ainsi balisés sur une surface délimitée, les motifs ou imprimés peuvent dès lors se lâcher dans leur audace et leur originalité. D’autant plus lorsque ce n’est pas un mur, mais une partie seulement de celui-ci que le papier peint recouvre. L’exemple le plus répandu est la tête de lit ou le coin de la baignoire. Les trompe-l’œil, carrément kamikazes sur un mur entier, modernisent et étonnent. Qui aurait cru le papier peint capable de telles prouesses il y a peu ? Les papiers peints panoramiques, qui racontent une histoire au lieu d’accrocher le regard, se font aussi de plus en plus populaires, qu’il s’agisse de dessins végétaux ou de paysages. Dans les grandes pièces à vivre, une tapisserie de deux ou trois mètres de large permet de faire le lien ou la cassure entre deux, par exemple, la cuisine ouverte et le salon.