CONSTRUCTION


Vers la fin des villas 4 façades ?

Elles auront fait vibrer le coeur de bien des propriétaires, charmés par l’idée de s’éviter les incommodités liées à un voisinage bougon, enjoués par cette infinie liberté qu’un grand espace facilite, apaisés par la quiétude que seul un lieu à distance de tout est à même de prodiguer.

La maison 4 façades, le vaste terrain qui l’encercle, un modèle de réussite sociale, un Graal des plus désirables...dont la Wallonie ne veut plus ! Car avec l’espace qu’elles requièrent, leurs constructions contribuent activement à grignoter le territoire wallon, engendrant bien des maux difficiles à gérer pour les pouvoirs publics. «La construction de bâtiments, d’infrastructures et d’équipements entraîne une artificialisation du territoire avec des conséquences environnementales multiples: perte de ressources naturelles et agricoles, imperméabilisation des sols, péri-urbanisation du cycle naturel de l’eau, fragmentation des habitats naturels…» , clame-t-on au cabinet de Carlo Di Antonie, Ministre wallon de l’Aménagement du territoire.

Objectif zéro km2 pour 2050

Pour mettre un terme à cette urbanisation sans limites sur un territoire qui, lui, en possède bien, la Wallonie planche sur un plan « stop au béton » pour l’horizon 2050. Dans sa dernière version du schéma de développement du territoire, le gouvernement régional prévoit un objectif étalé sur une double échéance. Alors que, actuellement, l’artificialisation du sol c’est-à-dire les constructions humaines sur des terres naturelles – s’approprie, chaque année, 10 à 12 km2 des terres wallonnes, le plan prévoit de réduire son évolution à 6 km2 d’ici 2025 et à 0 km2 pour 2050. Pour y parvenir, les villas 4 façades sont, assurément, les premières dans la ligne de mire du gouvernement. Mais leur remplacement par des maisons citoyennes ne suffira pas à répondre aux problèmes démographiques à venir tout en limitant l’expansion de l’urbanisation. Pour cela, le gouvernement planche sur diverses pistes telles que l’insertion de nouveaux quartiers dans les villes, la valorisation de terrains sous-occupés, la récupération d’anciens domaines industriels, la rationalisation des bâtiments actuels... Autant d’idées qu’il faudra rapidement activer si l’on veut respecter cet agenda qui s’annonce d’ores et déjà bien étroit.

Vers des logements plus compacts ?

Moins d’énergie pour se chauffer, moins de matériaux pour construire une maison : ce double objectif, inscrit dans l’air du temps, peut être rencontré en travaillant sur la forme des biens immobiliers. C’est ce qu’on appelle la « compacité » des bâtiments.

L’idée : optimaliser, dans les limites du raisonnable, le rapport entre le volume protégé d’une maison – l’espace intérieur – et son enveloppe externe – sa surface de déperdition –. Car selon les formes choisies, on peut obtenir un plus grand espace intérieur pour une même surface externe. Une véritable plus-value écologique et économique pour le bâtiment. Afin d’y parvenir, Bruxelles environnement propose trois objectifs pouvant servir de pistes de réflexion lors de la conception d’un projet d’architecture.


Préférer les formes simples

Le top de la compacité réside dans les formes sphériques puis cylindriques (bien des architectes se sont d’ailleurs amusés avec le concept courant des années 70). Si l’on n’en demandera pas tant aux candidats bâtisseurs, il leur est conseillé d’opter pour des structures simples (la forme cubique est idéale) et d’éviter au maximum les habitations comportant des ailes et des recoins type maison en L, bien moins compactes.


Privilégier les bâtiments de grande taille

Pas de contre-sens ici. S’il faudra effectivement plus d’énergie pour chauffer un grand bâtiment qu’un petit et plus de matériaux pour le construire, la tendance s’inversera si on parle en termes de rapport de proportionnalité. Car pour une forme identique, plus un bâtiment est grand, plus il est compact. Proportionnellement, il consomme donc moins et peut s’avérer une solution judicieuse si on le divise en plusieurs lots d’habitation.


Choisir la mitoyenneté

Ça tombe sous le sens. Plutôt que d’abandonner 4 façades aux assauts de la bise hivernale, mieux vaut en accoler deux à celles des voisins. Un mur mitoyen étant situé entre deux espaces chauffés, pas de déperditions énergétiques possibles.