Construction

L’éco-construction,
c’est quoi 
?

Dans cette époque tourmentée où la question écologique s’impose de plus en plus comme un sujet sociétal incontournable, il n’est pas rare d’être confronté à toutes sortes de termes tentant de réconcilier logement et durabilité : maisons Q-ZEN, maison passives, éco-construction... Si chacune de ces appellations tend vers une direction commune, elles n’en désignent pas moins des réalités différentes. Arrêtons-nous, le temps de ces quelques lignes, sur le concept d’éco-construction.

Comment s’y prendre ?

Un tas d’éléments doivent être pris en considération dans une démarche éco-constructive : la limitation de la consommation d’énergie, la diminution de l’exploitation des ressources, la gestion de l’eau potable, la prise en compte du milieu naturel et architectural, le développement socio-économique local, la réduction des déchets de chantiers... et l’emploi de matériaux naturels ! C’est probablement cette dernière prescription qui fait tout le suc de l’éco-construction. Qu’il s’agisse de bois, de paille, de chanvre, de laine ou d’argile, tous présentent nombre d’avantages qui les rendent indispensable à la discipline que nous étudions. Dotés d’une excellente inertie thermique – la chaleur peine à entrer en été et à s’échapper en hiver –, ceux-ci sont également très résistants au feu, favorisent une atmosphère saine

– l’avantage d’éviter tout produit chimique – et offrent une régulation performante de l’humidité. Comme ces matériaux peuvent être produits chez nous, ils avantagent encore les circuits courts, diminuent drastiquement leur empreinte énergétique et contribuent à la création de nombreux emplois en Wallonie. Au surplus, il est conseillé d’opter pour une forme de bâtiment compacte, de minimiser les éléments porteurs, de choisir les matériaux les plus bruts possible (il y a des labels qui permettent de s’assurer de la qualité du produit), les plus recyclables, de privilégier des installations de chauffe performantes et très peu énergivores...Vaste programme !

Un mode constructif complet

Car s’il emprunte à d’autres écoles la recherche d’un habitat consommant le moins d’énergie possible, le principe d’éco-construction pousse ses exigences un cran plus loin. L’idée : impliquer une réflexion constante sur les impacts environnementaux, économiques, sociaux et sanitaires du bâtiment, depuis sa conception jusqu’à sa démolition en passant par son implantation en milieu urbain. Dans cette optique, le rapport entre la bâtiment et le milieu au sein duquel il s’inscrit est primordial. Tout doit être pensé, en amont, pour faciliter leur rencontre et leur interaction durant l’entièreté de la vie du bâtiment. Il ne s’agit donc, pas seulement, d’éviter de nuire au milieu en proscrivant les matériaux, les techniques et les énergies qui lui porte préjudice. Il faut aller plus loin que ça en favorisant un faisceau d’éléments qui lui apportent une plus-value : valorisation des circuits courts, du savoir-faire local, embellissement des lieux...

Le Cluster Eco-construction

Consciente de l’immense potentielle qui réside dans la démarche éco-constructive, la Région wallonne a accepté de soutenir, depuis 2003, un réseau d’entreprises et d’experts actifs dans l’éco-construction en Wallonie et à Bruxelles. Ce réseau s’appelle le Cluster Eco-construction. « Il sensibilise, informe, organise des formations, représente le secteur auprès des instances publiques, et œuvre au développement économique de l’éco-construction », explique-t-on au Service Public de Wallonie.

Composé de plus de 270 experts (architectes, entreprises, fabricants, fournisseurs...), il propose, toute l’année, différents séminaires, colloques, conférences et expositions thématiques visant à faciliter l’accès de l’éco-construction au plus grand nombre. Vous pourrez en découvrir davantage sur le site clusters.wallonie.be/ecoconstruction-fr/