Belges en Espagne
l’indissoluble idylle

La douce époque de l’immobilier espagnol à bas prix est bel et bien révolue. Qu’importe, l’engouement de nos compatriotes pour le pays de Cervantes ne s’est aucunement tari. Mieux : ils sont, chaque année, de plus en plus nombreux à s’y offrir une seconde résidence.

3.914. En 2017, les Belges étaient pas moins de 3.914 à s’offrir un pied à terre sur le sol espagnol. C’est énorme : cela représente, en moyenne, un achat toutes les 2h15. Soit 15% de plus qu’en 2016 (et, surtout, un incroyable + 625% en 10 ans) qui était déjà une excellente année. Malgré une démographie bien plus modeste que nombre de ses voisins européens, la Belgique se place, ainsi, au quatrième rang des états dont les ressortissants sont les plus nombreux à posséder une brique espagnole, juste derrière la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne. Sur presque 400.000 de nos concitoyens disposant d’une seconde résidence à usage récréatif, les plus nombreux sont ceux qui ont choisi l’Espagne, bien devant la France ou l’Italie. Le constat est sans appel : entre les Belges et l’Espagne, l’idylle semble plus que jamais d’actualité.

Madeleine de Proust et soleil à bas coût

Mais pourquoi, diantre ? Si l’on concédera que l’Espagne n’est pas le coin le plus opposé du globe, on reconnaîtra également qu’elle ne se trouve pas à la porte à côté. Encore qu’à l’air des avions « low budget », ce ne sont plus quelques malheureux milles ou deux milles kilomètres qui vont repaître les appétits vacanciers des plus voraces.

Mais la raison n’est pas là. Elle réside, d’abord, dans un solide agrégat d’avantages qu’aucun autre pays européen n’est à ce point susceptible de présenter. Avec ses 300 jours d’ensoleillement annuel, l’Espagne est, d’abord, l’état idéal pour faire le plein de vitamines D toute l’année. Au vu de la météo passablement morose que nous offre notre plat pays, le beau temps demeure, indéniablement, le Graal n°1 recherché par le futur acquéreur d’une seconde résidence. Un climat « friendly », c’est, de surcroît, l’assurance de trouver facilement preneur pour qui désire, à toutes saisons, pouvoir mettre son bien en location. L’Espagne, c’est encore de nombreuses opportunités de loisir, des services publics performants et un coût de la vie qui, s’il a considérablement augmenté ces dernières années, demeure plus attractif que celui du pays. L’Espagne, c’est, pour beaucoup, et pour les raisons précitées, une destination de vacances qui rappelle l’enfance. Or, il ne faut pas sous-estimer l’impact « madeleine de Proust » dans le processus de recherche d’une seconde résidence.


La fin de la crise immobilière

Puis, il y a cette violente crise immobilière qui, entre 2007 et 2014, frappa sans vergogne le pays de Cervantes. À la clé : des rabais frôlant les 50% sur bon nombre de villas et d’appartements. On imagine aisément l’appel d’air créé à cette occasion. Les plus avertis, qui auraient acquis deux villas en 2007, auront ainsi, dans les cas les plus spectaculaires, pu rembourser la première en revendant la seconde ces deux dernières années. Car depuis 2015, le marché immobilier espagnol reprend progressivement son souffle, s’extirpant péniblement d’une période sombre de son histoire économique. En deux années, le prix du logement a déjà regrimpé de 7% et l’on peut légitimement anticiper une trajectoire ascendante continue.

Quel budget aujourd’hui ?

On a pourtant vu que, malgré la fin des bas prix, le Belge continue d’acheter massivement ses secondes résidences en Espagne. Les raisons précitées l’expliquent en grande partie. Le marché espagnol bénéficie, encore, d’une baisse d’attractivité de certains pays concurrents, comme la Tunisie, la Turquie ou l’Égypte, tous mis à mal par l’actualité internationale récente.

Pour s’offrir une bicoque neuve en Espagne, il faudra compter, en moyenne, entre 250.000 et 300.000 euros. Évidemment, le montant du bien variera sensiblement selon la région et sa situation au sein de la localité. Les prochaines pages vous prodigueront quelques indices qui, nous l’espérons, vous aideront à opérer le choix le plus judicieux si, d’aventure, vous veniez à vous décider à vous offrir une seconde brique ibérique.