2021 Objectif
«Quasi Zéro Energie»

Par le truchement d’une directive de 2003 revue en 2010, l’Union européenne s’est fixé l’objectif d’une drastique réduction de la consommation énergétique des bâti-ments. En Belgique, c’est aux régions que revient la tâche de transposer, en droit interne, ces normes européennes.

En 2008, l’Union européenne mettait en place un plan d’action «climat» visant à lutter contre le dérèglement climatique. Dans ce plan, l’objectif 20-20-20: parvenir à 20% d’énergies renouvelables dans chaque pays, à réduire de 20% les émissions de CO2 et à accroître du même taux l’efficacité énergétique, tout ça pour l’horizon 2020. Rapidement, le secteur du bâtiment devint une priorité européenne en matière de régulation énergétique. Et pour cause: à lui seul, il représenterait approximativement 40% de la consommation des énergies primaires. Évoluant dans le sens d’un vent soufflé par les instances européennes, les régions wal-lonne et bruxelloise se sont fixé un objectif clair: d’ici 2021, l’en-semble des nouvelles constructions devront présenter un indice de consommation quasi nul.

La réglementation PEB

C’est ainsi qu’en 2010 voyait le jour la réglementation PEB. Elle impose tout un panel d’exigences énergétiques devant être appliquées lors de la construction d’une maison ou lors de rénovations importantes. Pour assurer le respect de ces normes, un respon-sable PEB agréé émet des déclarations dès la demande de permis jusqu’à l’issue des travaux et attribue, en fin de processus, un certificat attestant des performances énergétiques du bâtiment. Sont pris en considération le niveau d’isolation thermique, l’étanchéité de l’air, la valorisation des apports solaires, la ventilation, le rendement des systèmes de chauffe et le recours aux énergies renouvelables. Au fil des années, les normes imposées par les régions se durcissent. En janvier 2017, de nouvelles exigences wallonnes renforçaient le niveau global de performance des bâtiments ainsi que celui de certaines parois et l’étendaient, en sus des bâtiments résidentiels, aux autres bâtiments à l’exception des bâtiments industriels. Depuis le 1er janvier 2018, les labels EcoDesign pour le chauffage ont été insérés dans la méthode de calcul PEB.

Pourquoi ne pas passer directement au Q-ZEN?

Q-ZEN, c’est le futur standard qui devra être appliqué, pour tout bâ-timent neuf, dès 2021. Même s’il n’est pas encore d’application, ses différentes composantes ont déjà été définies, et rien n’empêche les candidats bâtisseurs de s’y conformer dès maintenant. C’est, en tout cas, ce à quoi la Région wallonne les encourage. «Puisque les technologies d’aujourd’hui permettent déjà d’atteindre les futures normes sans se ruiner, autant en profiter. Pour eux, c’est tout bénéfice: plus de confort, moins de frais énergétiques et moins d’émissions de CO2». Ainsi, une habitation construite en mode Q-ZEN jouira d’un confort ac-cru facilité par les pertes de chaleur réduites. Au-delà de la diminution de la facture énergétique, le Q-ZEN permettra également de se prému-nir contre l’inévitable augmentation du prix de l’énergie tout en parti-cipant activement à la lutte contre le réchauffement climatique. Fina-lement, cela assurera au logement, déjà conforme aux futures normes, de conserver sa valeur après 2020 et de bénéficier, au minimum, d’un label A pour le certificat PEB. Concrètement, le niveau d’exigence Q-ZEN impliquera d’orienter votre maison de manière à valoriser les apports solaires tout en évitant la surchauffe, d’opter pour un bâtiment compact aux parois efficacement isolées et étanches à l’air, de prévoir un système de chauffe ultra perfor-mant et d’assurer une ventilation efficace apte à récupérer la chaleur, le tout en favorisant les énergies renouvelables. D’un point de vue chif-fré, en mode Q-ZEN, le niveau de consommation d’énergie primaire du bâtiment (ce dernier est calculé sur base du rapport entre la consom-mation primaire annuelle totale du bâtiment et celle d’un bâtiment de référence) doit être égal ou inférieur à 45. Actuellement, la norme est de 65. Le niveau de consommation spécifique d’énergie primaire, quant à lui, grimpe au maximum à 85kWh/M2.an (115, actuellement). Pour le reste (niveau d’isolation thermique globale et degré de surchauffe), les standards actuels répondent déjà à ceux de 2021. Afin d’appréhender en profondeur les nombreuses solutions permettant d’atteindre les exigences Q-ZEN, allez surfer sur le site www.q-zen.be

Les critères


C’est la Plate-forme Maison Passive asbl (PMP) qui est en charge de certifier la « passivité » de votre maison. Si cette certification

n’ouvre malheureusement plus de droits à une réduction fiscale, PMP assure qu’elle « reste néanmoins une plus-value

certaine pour le bâtiment en termes de revente ». Pour les habitations (les règles diffèrent pour les bâtiments tertiaires que

sont les écoles, les bureaux...), les critères suivants devront être rencontrés, et concerneront tant les bâtiments résidentiels

passifs en construction neuve que ceux en rénovation ou en construction mixte (neuf et rénovation) :

1. Consommation énergétique du système de chauffe

L’énergie nécessaire pour assurer la chauffe de votre intérieur ne peut outrepasser 15kWh/ (m2.an). C’est l’équivalent de deux tickets de cinéma par mois. A l’aide d’un programme spécialement conçu pour opérer ce calcul, il sera ainsi contrôléque le logement est effectivement capable d’assurer une température confortable en hiver (en maintenant 20°C en moyenne) sans franchir la

limite précitée.

2. Etanchéité à l’air

L’idée, c’est qu’il n’y ait pas de courant d’air. Sur le plan technique, cela implique que le taux de renouvellement d’air mesuré soit inférieur ou égal à 0,6 vol/h.

3. Surchauffe

S’il doit être en mesure de fournir un confort thermique peu énergivore en hiver, l’habitat ne peut, a contrario, devenir irrespirable en été. Par une simulation dynamique, l’on vérifiera ainsi que le risque de surchauffe du bâtiment (c’est le cas au delà

de 25°C) ne puisse outrepasser les 5%.

4. Energie primaire

Ici, il s’agit d’apprécier l’impact énergétique global réduit de l’habitation. Réduit, ça veut dire que les équipements ne sont pas pris en compte, contrairement au chauffage, à l’eau sanitaire, aux auxiliaires, à la production solaire et à la cogénération. La consommation en énergie primaire, qui sera mentionnée dans le

certificat, sera de maximum 95kWh/(m2.

Zero energie
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