Témoignage

une famille pionnière

En 2008, la maison stavelotaine de la famille Meiers obtenait le tout premier certificat belge attribué à une maison passive. En 2011, cette même maison fut attestée « zéro énergie». Rencontre avec Pierre, le papa.

Pierre, qu’est-ce qui vous a convaincu, à l’époque, de vous convertir au «passif» ?

Une rencontre hasardeuse avec un architecte, en 2005, et l’envie, qu’on entretenait depuis longtemps, d’être autonomes énergétiquement parlant. L’architecte était germanophone et suivait l’actu allemande où, alors qu’on n’en parlait pratiquement pas chez nous, le concept de maison passive était déjà bien plus développé. Ce qui m’a attiré, c’est la simplicité du concept et du mode de vie qui l’accompagne.

Qu’est-ce qui distingue votre maison

d’une habitation conventionnelle ?

Si on ne se base pas sur le côté «€technique€», de l’extérieur, rien, en fait. En entrant, avec un peu d’observation, on remarquera que la porte est consciencieusement fermée de tous les côtés pour en assurer l’étanchéité. Si la personne s’adosse au mur et frappe sur le crépi, elle sentira que ça sonne creux, car il y a 24 centimètres d’isolant, là où mon voisin, qui bâtissait en même temps, en mettait 6.

Comment vous chauffez-vous ?

Au moyen d’un simple poêle à bois, qui a plus de 100 ans, que j’ai récupéré de ma grand-mère. Pour toute la maison qui fait 300 m2. Il y a juste un complément électrique dans la salle de bain. En hiver, quand je rentre vers 17h-18h, on allume le poêle, il fonctionne la soirée, jusque 22h et, le lendemain, il fait toujours minimum 21° toute la journée en bas. Il fait un peu moins chaud à l’étage, mais mes enfants ne s’en sont jamais plaints, même ceux qui y étudient des

heures durant. On est récemment partis au ski une semaine€: quand on est revenus, il faisait encore 16°. Du temps de ma grand-mère, ce poêle fonctionnait en permanence pour ne chauffer qu’une seule pièce

Et au niveau du renouvellement de l’air ?

J’ai une ventilation double flux. Ça permet d’aspirer l’air dans les pièces humides (cuisine, toilettes, salle de bains) et d’en utiliser l’énergie pour faire chauffer l’air frais entrant. Ça fonctionne très bien, pas d’inconfort, on ne sent pas le flux d’air.

Vous produisez votre électricité vous-même ?

Évidemment. En fait, notre maison est plus que «€passive€», elle est «€zéro énergie€». Avec nos panneaux solaires, nous produisons plus d’énergie que n’en requièrent nos installations, lumières, appareils électroménagers... Parfois, je fais fonctionner le radiateur électrique de la salle de bains plus qu’il ne le faudrait pour consommer les kilowattheures produits. Je n’ai jamais été à court.

Financièrement, c’est tout de même un investissement lors de la construction.

Est-ce qu’on s’y retrouve à un moment ?

D’abord, il ne faut pas oublier que ça offre un confort extrêmement agréable à vivre. Ce n’est pas de la rentabilité financière, mais ça pèse tout de même dans la balance. Ensuite, oui, au début, il y a un surcoût. Surtout pour le triple vitrage. Mais il est déjà compensé par le fait que je n’ai pas dû investir dans un système de chauffe, des radiateurs... Juste le poêle. Pour le reste, tout ça s’amortit sur la durée de vie du bâtiment et sur les dépenses minimes, par la suite, en matière de production d’énergie. Quand on a commencé le processus, les primes d’État n’existaient pas. On était donc prêts à faire sans. Finalement, elles sont arrivées en cours de partie et, il ne faut pas se le cacher, ce fut assez agréable.

"Avec nos panneaux solaires, nous produisons plus d’énergie que n’en requièrent nos installations, lumières, appareils électroménagers..."

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