Le secteur de la construction
en bonne santé


À l’occasion de la conférence de presse annuelle de Fisa SA (organisateur de Batibouw 2018), Robert de Mûelenaere, administrateur délégué de la Confédération Construction, a dressé un bilan de l’état du secteur et esquissé les enjeux à venir.

Dans la foulée d’une année plutôt faste en la matière, les chiffres provisoires présentés par la Confédération Construction semblent indiquer que le secteur enregistrera à nouveau une croissance durant les douze mois à venir. Une évolution positive qui, comme le souligne Robert de Mûelenaere, se reflète aussi dans le secteur résidentiel : « le parc de logements a enregistré, au cours de ces 20 dernières années, une croissance annuelle de quelque 45.000 habitations. »



Fracture nord-sud

Comme, en Belgique, les réalités économiques et politiques peuvent sensiblement varier d’un bout à l’autre du pays, il convient cependant d’opérer une comparaison entre les différentes régions. Assez rapidement, il en ressort que les statistiques nationales sont avant tout boostées par les évolutions du marché de la construction neuve en Flandre.

« Ces évolutions découlent notamment de la nouvelle réglementation régionale en matière de PEB, le niveau E maximal – N.D.L.R.: la performance énergétique globale – devenant de plus en plus strict.

Les candidats à la construction se sont donc empressés d’introduire leurs demandes de permis de bâtir juste avant les renforcements de fin 2013 et fin 2015. Le nombre de permis de bâtir octroyés en

2014 et 2016 a, dès lors, augmenté, pour atteindre respectivement 54.000 et 51.000 unités (maisons et appartements confondus, sur base annuelle, pour l’ensemble du pays). » Si le nombre de permis de

bâtir a légèrement diminué courant 2017, le dernier renforcement du niveau E en Flandre, en vigueur depuis janvier, provoquera, de la même façon, une nouvelle reprise à la hausse en 2018.

En Wallonie et à Bruxelles, la situation sur le marché primaire du logement diffère. « Le nombre de nouveaux logements autorisés y est structurellement inférieur à la Flandre. Néanmoins, les sept premiers

mois de 2017 indiquent une tendance positive, et nous décelons les signes d’une reprise prudente. »



Rythme des rénovations trop faible

Assez stable au fil des années, le marché de la rénovation de logements existants évolue assez semblablement au sein de chaque région. « Ce segment est en effet propulsé par une dynamique double : d’une part, les logements deviennent de plus en plus anciens et de plus en plus nombreux, et d’autre part, ces mêmes logements doivent satisfaire à des exigences énergétiques de plus en plus strictes. Un point de vigilance toutefois : le rythme des rénovations est trop faible. Et ce, alors que les besoins en termes de rénovation des habitations existantes sont considérables, surtout si l’on veut contribuer à atteindre les objectifs climatiques. »



Cédits favorables

« Au cours des 7 premiers mois de 2017, les taux ont avoisiné les 2 %. Le Bureau fédéral du Plan évoque toutefois une augmentation de 20 points de base en 2018, 60 points de base en 2019 et 100 points de base en 2020 (soit environ 3 % pour une durée de 20 ans). Grâce à ce facteur, combiné à une augmentation supplémentaire du pouvoir d’achat, le climat reste favorable à l’investissement sur le marché résidentiel. »



Rester prudent

S'il se félicite des perspectives positives esquissées, Robert de Mûelenaere demeure prudent

et, prévient : un marché résidentiel dynamique ne sera garanti, selon lui, qu’en présence d’une politique fiscale et d’aménagement du territoire stimulant l’indispensable évolution du nombre de logements.

« Quelques mesures fiscales douteuses ont toutefois été prises ces dernières années : restriction du bonus logement en Flandre, remplacement du bonus logement par un chèque-habitat en Wallonie,

suppression du bonus logement à Bruxelles, augmentation de la TVA de 6 % à 21 % pour les travaux de rénovation sur les logements âgés de 5 à 10 ans ... Toutes ces évolutions fiscales ne favorisent

pas, que du contraire, le renouvellement et la rénovation du parc de logements. »

Sante de la construstion
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