Finalement,

une maison passive,

c'est quoi ?

Le terme résonne familièrement dans toutes les oreilles sans que l'on sache forcément la réalité qu'il recouvre. C'est normal : il n'y a pas de définition internationale uniformisée de l'habitat passif. L'idée commune à toutes les interprétations est celle d'un bâtiment économe en énergie.« Les pertes de chaleur sont tellement limitées qu’un faible apport de chauffage est suffisant. La puissance d’un fer à repasser (+- 2000 W), permet de chauffer confortablement une maison pendant l’hiver ! Pendant l’été, les pare-soleils évitent la surchauffe de l’habitation. Une maison passive consomme en moyenne 4 fois moins d’énergie », précise-t-on du côté de chez PMP (Plate-forme Maison Passive), l'ASBL belge promouvant la réalisation de bâtiments à très haute efficacité énergétique. Ainsi, pour réaliser une maison passive, au sens promu en Belgique par PMP, il faudra, par exemple, installer une isolation « béton », munir ses fenêtres d'un triple-vitrage et veiller scrupuleusement à l'étanchéité de l'air. Pour renouveler ce dernier, on emploiera un système de ventilation mécanique avec récupération de chaleur.

Historiquement, à l’échelle d’un bâtiment unifamilial, le chauffage pouvait être amené par l’air de la ventilation. Il n’y a donc pas de système actif de distribution de chauffage. Le système de ventilation a donc 3 fonctions : - chauffer le bâtiment - assurer la ventilation - limiter les pertes par ventilation en récupérant la chaleur de l’air vicié. Le terme « passif » s’oppose également au terme « actif » du point de vue technologique. Passif = simple. Le passif peut être plus facilement « low-tech ». Pas besoin de technologie, car il y a peu de production active de chaleur.

Contenu fourni par l'A.S.B.L. Plate-forme Maison Passive


6 grands principes de la maison passive


1 Une bonne isolation

Le principe est évident, bien qu'il fut, jusqu'il y a peu, loin d'être la règle dans notre plat pays : pour éviter les pertes de chaleur et économiser de l'énergie, il ne faut pas lésiner sur les couches d'isolant, tant pour le sol que les murs et le toit. En moyenne 20 à 40 centimètres, selon la matière pour laquelle vous optez. « Si la structure est en bois, l’isolation peut être intégrée à la structure en place, alors que pour une construction classique on doit rajouter la couche isolante en la posant sur le mur porteur », précise-t-on chez PMP. En limitant de la sorte les déperditions de chaleur, un chauffage d'une capacité de 10W/m2 fera amplement l'affaire.


2 Des appareils ménagers économes

Bien sûr, il n'y a pas que le chauffage qui pèse dans votre bilan énergétique. Vos éclairages et appareils ménagers sont des variables importantes sur lesquelles vous pouvez influer en faisant de bons choix à l'achat. Pour l'éclairage, on a pu constater, ces dernières années, le boom salutaire des formules économiques, tant pour les ampoules classiques que pour les néons et même les spots halogènes. Mention spéciale aux éclairages LED qui offrent de belles possibilités. Côté appareils ménagers, on n’oubliera pas de poser un oeil attentif sur les labels énergétiques européens qui attestent les performances en matière de rendement. Finalement, ce sont aussi vos habitudes qui aideront à faire la différence : veiller à n'allumer les lampes qu'en cas de nécessité, à éteindre vos appareils plutôt qu'à les laisser en « stand-by », à débrancher vos différents chargeurs des prises lorsqu'ils ne sont pas employés (et oui, ça consomme!)...



3 Veiller à l'étanchéité à l'air

Autre point faible de bien des demeures : ces brèches dans l'enveloppe thermique que peuvent constituer les portes, les fenêtres et les interstices entre les différents éléments qui la composent. Si l'air s'échappe, la chaleur aussi. On veillera, conjointement, à opter pour des portes et des fenêtres (triple-vitrage) de qualité ainsi qu'à recouvrir les jonctions entre les différents travaux de menuiserie de ruban adhésif et de film isolant. « Dans une maison passive, une attention spéciale est portée à l’étanchéité à l’air. Dans le cas d’une habitation en préfabriqué, la couche de plâtre garantit une étanchéité globale ; dans le cas d’une structure en bois, des plaques de matériau étanche à l’air sont posées du côté intérieur du mur. »


4 Optimiser la chaleur passive

La chaleur passive, c'est celle qui nous est généreusement fournie par le soleil. En axant intelligemment la maison et en munissant ses fenêtres de verres super isolés, capables de stocker en masse l'énergie solaire, on peut optimiser cette chaleur passive. Pour éviter les surchauffes en été, il faudra les agrémenter de pare-soleil bien orientés.

Ventiler adéquatement

Si l'étanchéité de l'air est effectivement primordiale pour éviter les pertes de chaleur, encore faut-il pouvoir renouveler efficacement l'air humide ou pollué (généralement développé dans les cuisines, salles de bain, toilettes...) pour le troquer contre de l'oxygène bien frais. Pour ce faire, il est impératif d'installer un système de ventilation avec récupération de chaleur. « Dans ce système, l’air chaud de l’intérieur, qui doit être évacué, est acheminé par des tuyaux qui conduisent en parallèle côte à côte l’air froid en provenance de l’extérieur. Les courants d’air ne se mélangent pas, mais grâce à une grande surface de contact entre l’air chaud et l’air froid, la chaleur est échangée avec un rendement de 80 à 90 %. »


5 Miser sur le renouvelable

L'avantage, lorsque notre habitation consomme peu d'énergie, c'est qu'il est d'autant plus facile de l'approvisionner par ces biais alternatifs que constituent les panneaux solaires, pour l'eau chaude, et les panneaux photovoltaïques (ou les éoliennes), pour l'électricité. En optant, même partiellement, pour les énergies renouvelables, c'est un pas de géant supplémentaire opéré vers l'indépendance énergétique.

Maison passive, c'est quoi ?
8/15