Vos attentes envers vos enfants sont-elles démesurées ?


De plus en plus de parents surinvestissent la réussite scolaire de leurs enfants, notamment à cause de la peur du futur, du chômage, et de la précarisation qui pourrait en découler. Mais cette éducation « intensive » présente certains risques…

Si l'exigence et l'investissement soutenus des parents assurent une meilleure réussite scolaire à leurs enfants, il n’en reste pas moins que le mieux est souvent l’ennemi du bien. Une récente étude révèle à ce sujet que de trop hautes attentes des parents peuvent s'avérer contre-productives. Où se trouve la limite entre une exigence saine et des requêtes excessives dans l'éducation des enfants ?

Mettez-vous trop la pression à vos enfants ?

A ne pas faire…

  • Refuser des activités autres que les études pendant le temps libre de l’enfant (qu’il s’agisse d’activités sportives, musicales, créatives, liées aux mouvements de jeunesse ou toutes autres passions).
  • Se montrer déçu lorsque les résultats scolaires (ou même sportifs) ne sont pas à la hauteur. Dans ce cas, l’attente peut être contre-productive, et l’enfant risque de perdre toute confiance en lui (une faiblesse qui peut le poursuivre pendant toute sa scolarité, et parfois même à l’âge adulte.)
  • Ne pas laisser de plages de liberté à l’enfant (hors activités de loisirs et scolaires) afin qu’il puisse prendre le temps de rêver et d’imaginer (un enfant a besoin de s’ennuyer pour se construire.)
  • Menacer l’enfant quant à son avenir. « Si tu ne travailles pas bien à l’école, ta vie sera un échec… », « Tu seras un clochard plus tard » etc. Cela peut mener à une anxiété chez l’enfant avec des conséquences sur la performance (la peur de l’échec lors des examens peut le priver d'une partie - voire de tous ses moyens.)
  • Avoir des demandes démesurées. Faire en sorte que son enfant, son adolescent, soit parfait et/ou le meilleur, est une revendication déraisonnable. Les parents peuvent avoir certaines saines exigences, mais doivent surtout accepter pleinement l’enfant qui est le leur avec ses atouts et ses faiblesses. Cela sans essayer de le faire entrer dans la case de « l’enfant idéal » qu’ils ont fantasmé. Ce type de comportement rigide peut mener les enfants à l’échec et les adolescents à la dépression.
  • Être trop permissif. Un enfant doit se sentir aimé, mais également encadré, avec des limites et des règles à respecter. Sans celles-ci, il peut facilement démissionner devant l’effort. De plus, un enfant a besoin d’un cadre pour se sentir sécurisé.
  • Être surprotecteur. Si l’on est persuadé que l’environnement, le monde, est un danger pour son enfant, cela peut rendre ce dernier anxieux et/ou très timide envers ses camarades. Ce comportement peut aussi freiner l’enfant dans son besoin d’autonomie.
  • Éduquer un élève plus qu’un enfant… Une des conséquences les plus graves est l'envahissement de la relation scolaire au détriment de la relation affective, qui doit toujours demeurer prioritaire.

A faire…

  • Montrer de l’intérêt pour ce que vos enfants apprennent à l’école, mais également pour leurs activités de loisirs. Avec justesse et bienveillance.
  • Orienter l’échange avec chaleur et indulgence. Par exemple, plutôt que de poser la question « As-tu eu une bonne note à ton examen ? », il est préférable de demander « Comment s’est déroulé ton examen? ». La pression sera toute différente…
  • Écouter vraiment ses enfants. La communication doit se faire fluide entre chaque membre de la famille. Dans l’idéal, il faudrait consacrer chaque jour quelques minutes de dialogue vrai et sans tabou afin de favoriser la compréhension, la confiance, et tout simplement l’amour.

Le saviez-vous ?

  • Toutes classes sociales confondues, ce sont les enfants d'enseignants qui obtiennent les meilleurs résultats scolaires : même langage parlé à l'école qu'à la maison, présence plus importante des parents/enseignants pour l'aide aux devoirs, connaissance des attentes de l'école…
  • Selon une étude de l’OCDE réalisée dans 38 pays, les enfants qui effectuent plus de devoirs obtiennent assez logiquement de meilleurs résultats scolaires, particulièrement dans le secondaire.


Virginie Stassen