Faut-il résister aux marques ?


Dès la préadolescence, la pression du groupe se fait ressentir au niveau des codes vestimentaires et comportementaux. Faut-il résister à cette tyrannie ou céder à la loi du conformisme ?

Acheter des vêtements de marque, hors de prix, à des ados qui prennent chaque année quelques centimètres, est-ce bien raisonnable ? Ne doivent-ils pas affirmer leur personnalité face au groupe ? S’opposer à la pression de la publicité et du marketing ?

Pas forcément, d’après les experts. En effet, ce conformisme des marques permettrait de « recréer une tribu rassurante » au sortir de l’enfance. En portant l'emblème du clan, on le rejoint immédiatement. L'adolescent y puiserait une certaine confiance en lui et se sentirait valorisé auprès de ses pairs.

Bref, les priver de ce « passeport social » les empêcherait de s’intégrer à un groupe à un âge par définition difficile. Évidemment, la pression peut être telle qu’elle en devient malsaine, risquant au passage de faire perdre toute personnalité à l’adulte en devenir.

Certains parents en arrivent à choisir une école avec uniforme afin de contourner cette problématique. Mais d’après les protagonistes (élèves et parents), les marques arriveraient toujours à se créer un chemin (puisqu’en général, seules les couleurs sont imposées). Un moindre bienfait, donc.

Avoir des marques = avoir des amis

Si les adolescents sont souvent prisonniers de leur apparence, il n’en reste pas moins qu’être totalement privé de marques dans un monde de l’image, et à un âge où celle-ci est prédominante, cause souvent de grandes souffrances. En effet, le jeune risque alors plus facilement d’être rejeté du groupe ou d’en devenir le bouc émissaire.

La bonne attitude reviendrait peut-être à accompagner l’enfant dans sa quête d’identité, sans pour autant encourager ses excès de consommation. Mais sans le priver des marques non plus, qui sont un véritable « laisser passer » pour son intégration au groupe.

A long terme, le plus important serait, par le dialogue, de renforcer l’estime de soi chez l’adolescent, afin qu’il puisse sortir du moule du conformisme en toute sérénité. Sans oublier que la dictature des marques cesse bien souvent avec l’adolescence. Laissons le temps au temps…